Marie-Madeleine était-elle amoureuse de Jésus ?

Marie-Madeleine était-elle amoureuse de Jésus ?

Marie-Madeleine était-elle amoureuse de Jésus ? Très présente dans la culture contemporaine (que l’on pense au film La dernière tentation du Christ de Scorsese, ou au Da Vinci Code), cette hypothèse d’une relation amoureuse entre le Christ et Marie-Madeleine n’avait pourtant jamais été évoquée par les siècles précédents. 

En effet, les Évangiles ne disent rien à ce sujet, et il serait quelque peu contradictoire de reconnaître en Jésus le Fils de Dieu (ou tout simplement de voir en lui un homme de valeur), et de l’imaginer prêchant les vertus du célibat consacré et la grandeur du mariage d’une part, et adepte de l’adultère ou du mariage en cachette de l’autre…

Les défenseurs de cette thèse s’appuient sur un écrit apocryphe du IIe siècle d’inspiration gnostique, « l’Evangile de Philippe » (donc bien plus tardif que les évangiles sur lesquels s’appuie l’Église), qui affirme que Jésus « aimait Marie plus que tous les disciples. Il l’embrassait souvent sur la bouche ». Mais, dans les milieux gnostiques, le baiser sur la bouche n’avait rien d’érotique, il évoquait l’accolade, la fraternité et surtout la transmission de l’esprit du maître aux initiés. Il est quelque peu décalé d’y voir la description d’une romance à l’eau de rose, à l’instar des feuilletons contemporains.

Il faut dire que Marie-Madeleine est une femme sensuelle, non seulement en raison de son début en tant que « pécheresse » publique (Luc 7, verset 47), mais par son être même : elle touche les pieds du Christ, les lave de ses larmes, les essuie de ses cheveux… Profondément femme, il n’est pas interdit de penser qu’elle ait pu avoir des sentiments pour le Christ. Mais le Christ va purifier sans cesse cette relation, jusqu’au jour de sa résurrection où il lui dire le fameux : Noli me tangere (« ne me touche pas »), afin de lui faire comprendre qu’elle est appelée, comme chacun de nous, à avoir une relation spirituelle avec le Christ.

Pour aller plus loin :  Jésus et Marie-Madeleine, de Roland Hureaux, Éd. Perrin.

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