Marie-Madeleine était-elle une prostituée ?

Marie-Madeleine était-elle une prostituée ?

Dans la Bible, l’Evangile de Luc parle d’une « pécheresse dans la ville » (Luc 7, 37). Ce n’est donc pas sans raison que Marie-Madeleine a une réputation de femme légère et sensuelle (on est rarement traité de pécheur public lorsqu’on pêche par orgueil ou par gourmandise par exemple). Etait-elle pour autant, comme on le pense, une prostituée ?

Rien ne le dit dans l’Evangile. Mais l’on peut l’imaginer, avant sa rencontre avec Jésus, comme une femme libre, brillante et dissolue, aimant les fêtes, le luxe et les plaisirs faisant l’ornement de la cour du roi Hérode.

La tradition nous rapporte en effet qu’elle vécût avec Marthe à Béthanie, dans la maison familiale, jusqu’au jour où elle commença à mener sa vie dissolue. Elle s’éloigna alors de sa famille pour s’installer dans sa dépendance de Magdala, au bord de Tibériade. Magdala avait en effet la réputation d’une cité « mal famée » : la littérature rabbinique a vu dans la luxure qui y régnait la cause de sa destruction. De plus, cette ville n’était pas loin de la cour du roi de Judée, célèbre par son faste.

En tous cas, ce qui est sûr, c’est que Marie-Madeleine était une femme extrêmement riche, faisant partie de la haute société : elle est mentionnée en premier, avant la femme de l’intendant d’Hérode, parmi les femmes qui assistaient de leurs biens le Christ et ses disciples ; et le nard qu’elle répandit sur le Christ avant Sa passion, est estimé par saint Jean à une valeur de 300 deniers, ce qui représentait l’équivalent de 300 journées de travail d’un ouvrier ! Un peu comme si l’on vidait un flacon de Chanel n°5 sur les pieds d’un ami.

En fait, par sa richesse, Marie-Madeleine, nous interpelle, nous questionne sur nos attaches : elle avait tout en abondance, mais elle a su reconnaître en voyant le Christ, la source profonde la joie, et elle a su tout quitté pour s’attacher à Lui.

Pour aller plus loin :

  • Marie-Madeleine, de Raymond-Léopold Bruckberger, Éd. Albin Michel.
  • Marie-Madeleine, femme évangélique, de Jean-Pierre Ravotti, Éd. Salvator.
  • Marie-Madeleine, itinéraire spirituel d’une femme libérée, de David Macaire, Éd. Licorne.
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