Qu’est-ce que l’Évangile de Marie ?

Qu’est-ce que l’Évangile de Marie ?

Qu’est-ce que L’Évangile de Marie, sur lequel s’est basé le film Marie-Madeleine,  réalisé par Garth Davis, dans les salles françaises le 28 mars ?

 

L’Évangile de Marie est un évangile apocryphe de type gnostique. La gnose était un mouvement dans lequel le savoir était réservé à des initiés. De cet évangile, dont on parle souvent, seules pages sont parvenues jusqu’à nous. Conformément aux pensées du milieu gnostique, il nous décrit une Marie (assimilée à Marie de Magdala) en grande initiée, opposée à Pierre.

Un passage a enflammé quelques imaginations ces dernières années : « Jésus embrassait fréquemment Marie-Madeleine sur la bouche. » Mais il faut se rappeler que le baiser sur la bouche dans le milieu gnostique était le signe d’une transmission de connaissance entre initiés. Il est absurde et décalé de s’imaginer que ce texte nous raconte une histoire d’amour, à l’instar des romans à l’eau de rose contemporains…

Deux fragments grecs de cet évangile ont été retrouvés, datant du IIIe siècle. On peut donc légitimement envisager une rédaction au cours du IIe siècle. À titre de comparaison, les évangiles reconnus par l’Église ont été écrits entre l’an 60 et l’an 100, par la première ou la seconde génération de chrétiens. On comprend donc que l’Église (et les historiens) les considèrent plus fiables.

Car contrairement à une idée répandue, l’Église ne s’oppose pas d’emblée aux évangiles apocryphes. Toute une série de traditions (l’enfance de Jésus, l’âne et le bœuf dans la crèche de Noël, la vie d’Anne et Joachim – les grands-parents de Jésus) nous viennent de ces sources. Mais utiliser certains écrits tardifs pour s’opposer à l’Église qui s’appuie sur des textes bien plus crédibles, n’est pas vraiment rationnel.

Pour aller plus loin : Jésus et Marie-Madeleine, Roland Hureaux, Éd. Perrin.

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Commentaires

  1. Bonjour,

    Petite rectification amicale : c’est dans l’évangile selon Philippe que Jésus embrassait souvent Marie-Madeleine sur la bouche (le baiser du partage du pneuma). C’est aussi dans cet évangile apocryphe qu’il est écrit que Jésus la préférait à tous ses disciples, féminins comme masculins 😉

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